Le référendum d’entreprise,
expliqué de bout en bout
Le référendum d’entreprise (article L.2232-12 du Code du travail) permet de faire valider un accord directement par les salariés, lorsque les organisations syndicales signataires n’ont pas atteint seules le seuil de 50 % des suffrages. Cette page détaille le cadre légal, et comment Ballot en outille l’organisation, du cadre légal aux preuves.
Définition
Un accord d’entreprise ou d’établissement est valide s’il est signé par l’employeur et par une ou plusieurs organisations syndicales représentatives ayant recueilli plus de 50 % des suffrages exprimés en faveur des organisations représentatives au premier tour des dernières élections du CSE.
Si ce seuil n’est pas atteint mais que des organisations syndicales représentant plus de 30 % des suffrages ont signé l’accord, ces organisations peuvent, dans le mois suivant la signature, demander que les salariés soient consultés pour valider l’accord par référendum. L’employeur peut également prendre cette initiative dans les mêmes conditions.
L’accord est validé s’il est approuvé à la majorité des suffrages exprimés par les salariés. À défaut d’approbation, il est réputé non écrit.
Concrètement : un accord signé par des syndicats représentant 35 % des suffrages ne peut pas être validé par leur seule signature (il faudrait 50 %) — mais ces syndicats peuvent demander que l’ensemble des salariés soient consultés. Si la majorité des votants approuve l’accord, il devient valide exactement comme s’il avait été signé par des syndicats majoritaires.
Cas d’usage
Le référendum d’entreprise s’applique à une situation précise — voir le guide complet pour le distinguer d’une simple consultation interne.
Accord signé par des syndicats minoritaires (30-50 %)
Le cas le plus courant : l’accord a été signé par des organisations représentant entre 30 % et 50 % des suffrages, sans atteindre la majorité requise pour une validation directe.
Absence de délégué syndical habilité à signer seul
Lorsque la structure de représentation syndicale de l’entreprise ne permet pas une signature directement validante.
Validation par légitimité directe recherchée
Lorsque les parties souhaitent, au-delà du cadre minimal requis, que l’accord s’appuie sur l’approbation explicite des salariés concernés.
Déroulement
- 1
Signature par les syndicats minoritaires
L’accord est signé par une ou plusieurs organisations syndicales représentant plus de 30 % des suffrages exprimés, sans atteindre 50 %.
- 2
Demande de consultation
Dans le mois suivant la signature, les organisations signataires — ou l’employeur — demandent la consultation des salariés.
- 3
Organisation du scrutin
La consultation doit être organisée dans un délai global de 2 mois suivant la demande, selon des modalités définies dans un protocole préélectoral spécifique.
- 4
Verrouillage du texte et information des salariés
Le texte de l’accord et la question soumise au vote sont figés, puis communiqués aux salariés au moins 15 jours avant le scrutin.
- 5
Vote
Le scrutin se déroule pendant le temps de travail, à bulletin secret — Ballot l’organise par voie électronique.
- 6
Dépouillement et procès-verbal
Les résultats sont dépouillés, consignés dans un procès-verbal, puis publiés dans l’entreprise et annexés à l’accord.
- 7
Dépôt
L’accord approuvé et son procès-verbal sont déposés sur la plateforme TéléAccords — une démarche entièrement externe à Ballot.
Préparation
Salariés éligibles
La liste des salariés autorisés à voter, importée ou saisie manuellement.
Texte de l’accord et question
Le texte de l’accord et la question soumise au vote — une question unique, à deux réponses fixes (Oui / Non), conformément à l’article D.2232-3.
Calendrier
Les dates d’ouverture et de clôture du scrutin — Ballot bloque techniquement l’ouverture si le délai minimum de 15 jours d’information (D.2232-4) n’est pas respecté.
Garants
Les personnes qui se partageront la clé de déchiffrement du résultat, et le quorum minimum requis pour l’utiliser.
Une fois le texte de l’accord publié aux salariés, il est verrouillé de façon définitive dans Ballot — aucune modification n’est possible sans recommencer la préparation du scrutin. La détermination du périmètre exact des salariés concernés par l’accord relève de votre appréciation RH/juridique : Ballot n’a aucun moyen de le vérifier.
Authentification
Chaque salarié éligible reçoit un lien de vote personnel à usage unique — jamais de compte ni de mot de passe. Trois méthodes sont disponibles, à choisir pour l’ensemble du scrutin :
Lien sécurisé
Lien de vote à usage unique envoyé par email, valable pendant toute la durée du scrutin.
Code à usage unique par email
Un code (OTP) envoyé par email à chaque tentative de connexion au vote.
Code à usage unique par SMS
Le même mécanisme, envoyé par SMS — utile lorsque les salariés n’ont pas tous d’adresse email professionnelle.
La différence entre les trois : le lien sécurisé suffit à lui seul pendant toute la durée du scrutin, alors que les deux méthodes par code à usage unique exigent de posséder à nouveau la boîte email ou le téléphone au moment précis du vote — une vérification supplémentaire, au prix d’une étape de plus pour le salarié.
Vote
Le vote est chiffré directement dans le navigateur du salarié, avant même d’être envoyé à Ballot — avec le protocole ElectionGuard, documenté publiquement plutôt que maison. Le serveur ne reçoit jamais le choix en clair, seulement le résultat déjà chiffré, accompagné d’une preuve mathématique que ce choix est valide (Oui ou Non, jamais un double vote) — sans jamais révéler lequel des deux. Le scrutin porte sur une question unique à deux réponses fixes, conformément au texte figé lors de la préparation.
Comprendre le chiffrement en détail →Anonymat
Aucune table de la base de données de Ballot ne relie l’identité d’un salarié à sa réponse — même un administrateur avec un accès complet à la base ne peut pas reconstituer qui a voté quoi. Le scrutin se déroule à bulletin secret, tel que l’exige l’article D.2232-2 : le lien de vote sert uniquement à vérifier l’éligibilité du salarié avant qu’il ne vote, jamais à retrouver son choix après coup.
Dépouillement
La clé permettant de déchiffrer le résultat est fractionnée entre plusieurs garants désignés lors de la préparation — un quorum minimum d’entre eux doit soumettre sa part pour que le déchiffrement ait lieu, automatiquement, dès que ce quorum est atteint. Ballot lui-même ne peut jamais déchiffrer un résultat seul. Par exemple, avec 3 garants désignés et un quorum de 2, le résultat peut être déchiffré dès que 2 des 3 ont soumis leur part — même si le troisième est indisponible. Les votes chiffrés sont additionnés entre eux sans jamais être ouverts individuellement — le dépouillement ne porte que sur le total, jamais bulletin par bulletin, et seulement après la clôture du scrutin.
Résultats et preuves
À la clôture, Ballot génère un procès-verbal factuel du résultat — décomptes, dates, empreinte d’intégrité SHA-256 — envoyé par email et déposé dans l’archive du référendum, conformément à l’article D.2232-2. Chaque salarié reçoit un récépissé de son vote (par email et en téléchargement), preuve de sa participation sans jamais révéler son choix.
Le résultat, les documents du référendum et le journal d’audit sont scellés dans une archive protégée au moment de la clôture. Le journal d’audit lui-même est chaîné cryptographiquement : modifier ou supprimer une entrée passée casserait la chaîne et serait immédiatement détectable.
Sécurité
Ballot applique les recommandations de la CNIL relatives au vote électronique (niveau 3), organisées autour de quatre garanties : le secret du scrutin (chiffrement dès le navigateur du salarié), l’intégrité des suffrages (preuve mathématique par bulletin, journal d’audit scellé), la répartition du secret de dépouillement (garants indépendants, seuil minimum requis), et l’absence de dépouillement partiel (résultat calculé une seule fois, après la clôture).
Voir le détail de la sécurité et de la conformité CNIL →Ce que Ballot ne fait pas
Ballot ne vérifie pas que le seuil syndical de 30 à 50 % des suffrages exprimés est réellement atteint, ni que la demande de consultation a été faite dans le délai d’un mois suivant la signature — nous n’avons aucun accès aux résultats de vos élections professionnelles. La négociation du protocole d’accord sur les modalités du vote avec les organisations syndicales ou le CSE se déroule entièrement en dehors de Ballot, de même que le dépôt de l’accord et du procès-verbal sur TéléAccords.
Aucun de ces mécanismes ne remplace une validation de votre procédure par un avocat en droit social. Nous recommandons explicitement de faire valider le protocole exact avant tout déploiement réel.
Cadre légal — sources Légifrance
- Article L.2232-12 du Code du travail ↗
Conditions de validité d’un accord d’entreprise, seuils de 50 % et 30 %, délai d’un mois pour demander la consultation.
- Article D.2232-2 du Code du travail ↗
Modalités du scrutin (bulletin secret ou vote électronique), procès-verbal, publication et annexion à l’accord.
- Article D.2232-3 du Code du travail ↗
Contenu du protocole de consultation : information des salariés, lieu/date/heure du scrutin, texte de la question soumise au vote.
- Article D.2232-4 du Code du travail ↗
Délai d’information des salariés : au moins 15 jours avant le scrutin.
Tarifs
Gratuit
0 €
Jusqu’à 5 salariés : gratuit.
Lien sécurisé ou OTP email
2 € HTpar salarié
À partir de 6 salariés : 2 € HT par salarié avec authentification par lien sécurisé ou OTP email.
OTP SMS
3 € HTpar salarié
3 € HT par salarié avec authentification par OTP SMS.
FAQ
Les organisations syndicales représentant plus de 30 % des suffrages exprimés, ou l’employeur, dans le mois suivant la signature de l’accord par ces organisations.